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Grand Périgueux Habitat : des espaces partagés… jusque dans leur conception

Modifié par Salima NEKAA-BOURET le 13/04/2018 10:36
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Auteur(s):  Salima NEKAA-BOURET

Entité: FOPH

Pour mieux intégrer les résidents dans la vie des quartiers et renforcer le lien social, Grand Périgueux Habitat a lancé en 2016 les «ateliers à ciel ouvert».

Des rencontres très régulières à travers lesquelles chacun peut apporter sa pierre à l’édifice, via des journées de peinture, jardinage, travaux divers… Depuis début 2018, l’initiative a pris une nouvelle envergure avec la publication d'un tout premier journal de bord retraçant ces moments de vie communs.

Quand les résidents eux-mêmes sont acteurs des transformations des espaces qu’ils partagent avec leurs voisins, c’est toute la cohésion sociale qui s’en trouve renforcée. C’est en tout cas le pari qu’a voulu faire Grand Périgueux Habitat en lançant, dès l’été 2016, les «ateliers à ciel ouvert». L’opération avait dès l’origine vocation à répondre à de nouveaux besoins structurels, un nouveau paradigme de la relation bailleur/locataire.

« Comme tous les offices, nous observons que nous passons d’une culture du client captif à une culture de relation commerciale de droit commun », explique Agnès Charousset, directrice générale de Grand Périgueux Habitat. « . Même si l’on produit un service public, même si le locataire a toujours été l’objet d’une grande attention, nous devons prendre en compte le fait que le client évolue ».

Des ateliers « cousus-main »

L’office est parti de l’idée que plus les habitants seraient impliqués dans les projets des résidences, plus leur satisfaction augmenterait. « Nous avions déjà œuvré au rapprochement avec les locataires, en développant par exemple une plateforme pour les réclamations concernant les nuisances dans les résidences », précise Agnès Charousset. « Toutes nos initiatives étaient prises avec l’idée d’instaurer davantage de traçabilité, d’interactivité. Mais cela ne suffisait pas. C’est pourquoi nous avons ouvert ce nouveau volet, avec des projets dans les résidences visant à impliquer les habitants dans les travaux et aménagements des espaces communs. Par exemple, au lieu d’envoyer un jardinier travailler sur un espace vert, ce sont les locataires eux-mêmes qui sont sollicités pour co-construire et co-gérer cet espace ».

Les «ateliers à ciel ouvert», nommés ainsi car tous planifiés en extérieur, ont rapidementGPH 1.jpg rencontré un franc succès. Organisés sur les espaces communs, ces rendez-vous bi-mensuels qui s’étalent de mars à novembre (le reste de l’année est consacré à la préparation des sessions suivantes) sont très divers. Parmi les nombreuses possibilités d’actions, les résidents se sont par exemple vu proposer de travailler sur des jardins partagés, de repeindre un mur ou un local en étant accompagnés par des graffeurs, de recevoir un agriculteur qui se déplace avec ses chèvres et ses cochons pour réaliser un atelier dédié aux enfants pour évoquer la mémoire des lieux, de prendre part à un projet d’implantation d’équipements… « Il peut y avoir des actions ponctuelles, des ateliers courts. Nous adaptons la configuration des ateliers aux besoins de nos résidences, sans figure imposée. Nous faisons du cousu-main ».

GPH 3.jpgL’une des forces des «ateliers à ciel ouvert», c’est l’aspect participatif, jusque dans la prise de décision concernant la manière de les mener. « L’un des ateliers consistait à repeindre des portails en fer très abîmés. Nous n’avions pas les moyens de tout faire, donc nous avons indiqué aux résidents que nous fournirions la peinture. Nous avons proposé diverses gammes de vert parmi lesquelles chacun a choisi la couleur qu’il préférait. Nous voulons donner la parole à tous, leur laisser une marge de manœuvre ».

Des partenaires divers et très impliqués

La variété des actions proposées est notamment permise par la richesse des partenariats établis. « Selon les activités et rencontres prévues, nous travaillons main dans la main avec des acteurs aussi variés que les villes, associations d’éducation et de prévention, centres sociaux culturels, police nationale, etc. », se réjouit la directrice générale de Grand Périgueux Habitat. « Financeurs, facilitateurs, apporteurs d’idées, tous les partenaires institutionnels sont sollicités, tous les contributeurs sont les bienvenus. Il semblerait que le projet soit attractif puisque jusqu’ici, personne n’a jamais décliné l’une de nos propositions ».

L’OPH a également souhaité mettre en place un partenariat avec la CNL, qui participe aux actions en distribuant des flyers, faisant du porte-à-porte, communiquant auprès des résidents. « Ce lien avec les représentants des locataires est un atout énorme pour le projet ».

Outre les 5000 euros annuels de budget, consacrés au fonctionnement des ateliers, s’ajoutent les frais d’aménagement et d’équipement sur sites, sans oublier un salarié de l’Office qui consacre 70 % de son temps de travail exclusivement à cette mission.

Le journal de bord, témoin de moments partagés

Ce projet d’« ateliers à ciel ouvert», l’office a souhaité le pousser encore un peu plus loin en relatant via un journal de bord toutes les actions menées. Une manière de créer des souvenirs communs pour les locataires, de pouvoir se retourner sur le chemin parcouru ensemble. « Le journal contribue à rendre les habitants fiers de ce qu’ils ont réalisé. Cela donne de la valeur à ce qu’ils ont vécu, cela crée un sentiment d’appartenance partagé. Les locataires nous disent souvent que nous faisons du bon travail avec eux. Nous avons donc considéré qu’il fallait insister, communiquer. Ce journal de bord, ils en sont très fiers car il permet de réincarner leur lieu de vie, de casser la distanciation à ces espaces communs parfois mal-aimés et mal-appropriés ».

L’impression de la publication intègre le budget global de 5000 euros. Son coût relativement faible tient notamment à l’engagement de ceux qui contribuent à le concevoir. « C’est l’un des locataires lui-même qui s’est proposé de réaliser la maquette », raconte Agnès Charousset. « Peut-être demain ce journal sera demandé partout, dans toutes nos résidences. Nous réfléchissons déjà à quelque chose de plus large. Au départ, le conseil d’administration se montrait relativement neutre sur la question, mais aujourd’hui, tout le monde s’intéresse au projet. Les gens ont bien compris qu’ils entraient dans un vaste plan d’économie sociale et solidaire ».

Cette volonté de faire des locataires de vrais acteurs de la vie des résidences semble pour l’instant porter ses fruits. « Dans les endroits où nous avons organisé des ateliers, nous constatons généralement une diminution des dégradations et des réclamations, moins de laisser-aller. Il faut continuer ».

(Photos Grand Périgueux Habitat)

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