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MC Habitat : la rénovation thermique vue du ciel

Modifié par Salima NEKAA-BOURET le 13/04/2018 10:32
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Auteur(s):  Salima NEKAA-BOURET

Entité: FOPH

C’est une première dans l’univers du logement social. MC Habitat a recours à des drones équipés d’une caméra infrarouge pour réaliser le diagnostic thermique d’une de ses résidences.

Le procédé, au coût relativement abordable, présente beaucoup d’avantages, notamment en termes de précision des informations recueillies, qui permettent de planifier des travaux parfaitement adaptés aux besoins des bâtiments. Explications.

Un drone, une caméra infrarouge, quelques heures de vol au-dessus d’un bâtiment et le tour est joué. C’est ainsi que MC Habitat a réalisé en 2015 le diagnostic thermique d’une de ses résidences, constituée de 5 immeubles regroupant 85 logements. Le procédé n’est pas inédit bien sûr, car déjà utilisé pour des zones pavillonnaires privées. Il l’est en revanche dans le monde du logement social.

« Le hasard a bien fait les choses », expliquent Armelle Hay, directrice générale de l’office et Margaux Happel, responsable développement. « Nous travaillions en 2015 sur une opération de réhabilitation pour résoudre les problématiques thermiques de certains bâtiments. Nous rencontrions des difficultés pour diagnostiquer l’origine de ces problèmes. Au même moment, nous avons appris que l’AORIF, en partenariat avec la DRIHL et GRDF, cherchait un volontaire pour monter une opération d’expérimentation d’analyse par drone sur des logements collectifs. Nous avons répondu à cet appel pour profiter de cette technologie dans le but de définir une stratégie de rénovation appropriée ».

Deux heures de vol pour prévoir des travaux

Après plusieurs réunions, un agenda a été établi afin de planifier les deux temps du diagnostic : celui avant les travaux et le second, une fois le chantier terminé. Concrètement le drone permet de disposer d’images précises, des photos thermiques de l’ensemble des bâtiments étudiés. Sont ainsi identifiées les zones froides et chaudes. Une équipe se rend sur place, composée d’un télé-pilote de drone, qui pilote donc l’appareil à distance de manière téléguidée. « Le premier passage, qui a eu lieu en 2015, a duré environ deux heures. Les résultats se sont avérés un formidable outil d’aide à la décision. Un seul vol préalable au lancement du chantier a été nécessaire pour aider la maîtrise d’oeuvre et la maîtrise d’ouvrage à déterminer les travaux à effectuer. Nous avons constaté grâce à ce procédé que certaines parties du bâtiment étaient mieux isolées que d’autres, n’engageant donc pas de gros travaux sur ces zones-là ».

Identifier et localiser les points froids

L’utilisation d’un drone pour ce type d’opération représenterait un gain important lorsqu’il s’agit d’évaluer des bâtiments présentant d’importantes pathologies thermiques. « Nous savions que ces immeubles avaient de grosses failles en la matière, nous l’avions constaté lors de notre bilan de patrimoine. Mais nous avions des difficultés à bien identifier et localiser les points froids. Cela nous a donc considérablement aidé à travailler. Sur les images recueillies, on voit très distinctement les zones sensibles, en l’occurrence ici au niveau des balcons ».

Choisir des conditions météo optimales

Pour autant la puissance de la technologie reste soumise à des contraintes extérieures à prendre en considération. Parmi les obstacles au bon déroulement d’une telle opération, les conditions climatiques jouent un rôle important. Il est en effet nécessaire d’effectuer ces vols à une époque où les différences de température entre l’intérieur et l’extérieur sont fortes, a priori donc plutôt pendant les périodes hivernales, néanmoins sans pluie ni vent excessif. « Les conditions optimales sont souvent très tôt le matin, pour éviter les apports solaires ».

L’autre élément à prendre en compte, ce sont les contraintes réglementaires et administratives. « Les obligations de déclaration et demande d’autorisation peuvent prendre du temps. Mais c’est le prestataire qui s’occupe de prendre contact avec la Direction générale de l’aviation civile. Il faut donc simplement prévoir les délais, qu’on ne maitrise pas parfaitement ».

Pour de simples raisons d’agenda et de disponibilité des prestataires, l’OPH a fait appel à deux sociétés, qui leur avaient été recommandées par des partenaires : l’une, Azur Drone, a réalisé le diagnostic avant travaux ; la seconde, Top drone, est en charge de la dernière étape prévue au cours de ce mois d’avril.

Moins de 4000 euros pour une précision optimale

Le coût de ce diagnostic high-tech s’élève à 3800 euros hors taxe, dont environ 2000 euros pour la première phase et le reste pour le second passage. La facture inclus le vol de l’engin, la production d’une trentaine de photos et la rédaction des commentaires les accompagnant. « Le caractère inédit de ce type de démarche sur de l’habitat collectif social a permis de négocier le coût, dans le cadre d’un plan national. La facture que nous avons payée ne reflète donc pas exactement la réalité de ce type d’investissement ».

Entre ces deux diagnostics, en tout près de deux millions d’euros et 14 mois de travaux ont été nécessaires pour refaire l’enveloppe extérieure, les toitures, l’isolation thermique, installer l’eau chaude collective, refaire la chaufferie, améliorer la sécurité incendie des bâtiments, mettre en sécurité électrique des parties communes. Le second vol permettra dans quelques semaines de vérifier les améliorations en matière de performance énergétique.

MC.jpg(Photo MC Habitat)

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