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Vosgelis : stigmatiser les auteurs d’incivilités par l’image

Modifié par Salima NEKAA-BOURET le 13/04/2018 11:35
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Auteur(s):  Salima NEKAA-BOURET

Entité: FOPH

Face à une augmentation des incivilités dans ses résidences, Vosgelis a lancé une campagne de communication visant à pointer du doigt les fauteurs de trouble qui portent atteinte aux règles élémentaires du vivre-ensemble. 

Les visuels, réalisés sur une thématique western, ont le mérite d’attirer l’oeil et d’interpeller. Une démarche peu onéreuse et rencontrant déjà un certain succès sur les réseaux sociaux.

Le constat établi par les responsables de Vosgelis s’impose. Les incivilités augmentent dans les résidences de l’OPH. Cette hausse significative, observée année après année, a été l’élément déclencheur d’une opération lancée au printemps 2017 et qui prend une nouvelle dimension en ce début d’année 2018 : une campagne choc de communication visant à stigmatiser les comportements déviants par l’image et les mots. « Il y a un an, nous produisions une affiche assez brutale reprenant les insultes dont sont quotidiennement victimes les gardiens d’immeubles et les agents de terrain », rappelle Bénédicte Vanderschaeve, Responsable communication, Vosgelis. « Aujourd’hui, nous testons un nouveau concept pour poursuivre cette lutte, en misant sur des caricatures représentant les agresseurs, les affublant de noms à la symbolique forte ».

Quatre « hors-la-loi » dans le viseur

Faisons les présentations : Joe l’Encombrant, spécialiste des déchets et objets déposés sauvagement dans les espaces communs ; Pat la Crotte, celui qui ne ramasse jamais les déjections de son chien ; Calamity Gêne, producteur sans vergogne de tapage nocturne et enfin Bill Poubelle, qui laisse ses ordures partout sauf dans les bacs prévus à cet effet.

Vosgelis 1.jpgL’image de ces quatre personnages (voir ci-contre), représentés façon western comme des malfrats recherchés, est placardée depuis quelques jours dans tous les halls d’immeubles du patrimoine de l’office. « Je suis une grande fan de western, alors l’idée m’est venue d’adapter les visuels qui reviennent souvent dans les films ou BD du genre à notre problématique », explique Bénédicte Vanderschaeve. « L’objectif est de faire en sorte que les fauteurs de trouble se reconnaissent et sentent la pression sociale exercée sur eux pour cesser d’agir en marge des règles et mieux prendre en compte les intérêts des autres. Le message est clair : les coupables sont recherchés, pointés du doigt et susceptibles d’être réprimandés ». Même si, de l’aveu des responsables du projet, l’office n’est pas vraiment habilité à appliquer les sanctions, ayant nommé parmi ses salariés un « chargé de la tranquillité résidentielle », qui accompagne notamment ses collègues victimes d’agressions dans leurs démarches judiciaires.

Ces quatre visuels thématiques, présentés distinctement, le service communication de Vosgelis les a également fait imprimer ensemble, sur une même affiche en format A2. « Nous avons fait cela façon bureau du shérif, avec tous les recherchés sur le même pan de mur pour que tout le monde puisse bien les identifier ». 

Créer un effet d’adhésion, susciter un sentiment de honte

Derrière la menace de sanctions, la démarche de Vosgelis vise surtout à prévenir et fédérer autour du discours. « Nous voulons toucher la population », précise la Responsable communication de l’office. « Pour l’instant, nous y parvenons plutôt bien. Les retours via les réseaux sociaux sont nombreux et positifs. Nous avons notamment beaucoup communiqué sur Facebook et Linked In. Nos locataires réagissent et confirment qu’ils en ont assez de ces personnes qui ne respectent pas les règles du vivre ensemble. Ils espèrent que ces images vont contribuer à créer un sentiment de honte chez les personnes pointées du doigt. Des retours nous parviennent aussi d’habitants d’autres résidences, d’autres organismes, solidaires du mouvement. La suite de notre travail va également consister à répondre aux nombreuses questions reçues concernant les sanctions et retombées judiciaires ».

Décliner le concept sur de nouveaux thèmes

Encouragé par les retours enthousiastes, l’OPH prépare actuellement de nouvelles affiches. « Nous avons récemment travaillé sur les droits de la femme en produisant un visuel sur le harcèlement », explique Bénédicte Vanderschaeve. « Le nouveau personnage hors-la-loi se nomme Kid Vicious. Mais la toute dernière production, c’est Ted Malgaré, qui, vous l’aurez compris, est celui qui stationne n’importe où, n’importe comment, gênant les autres automobilistes. En parallèle, nous réalisons de petites affiches avec le slogan : c’est mon quartier je le respecte ».Vosgelis 2.jpg

Une production 100 % en interne… destinée à servir à d’autres

L’opération a le mérite de représenter un coût très faible. « Nous avons réalisé les affiches en utilisant des outils gratuits en ligne, que nous avons personnalisés. Nous faisons tout nous-mêmes, nous ne sous-traitons presque rien. C’est comme cela que nous travaillons le mieux. Cela limite les allers-retours, les incompréhensions, les malentendus. Nous allons droit au but. Les seuls frais engagés sont les frais d’impression, qui sont minimes ».

Chaque « portrait » a été tiré à 100 exemplaires, en fonction des besoins estimés, qui ne sont pas uniformes sur l’ensemble d’un patrimoine comptant près de 17000 logements.

Ce travail, Vosgelis entend aujourd’hui en faire profiter tout organisme susceptible d’être intéressé par la démarche. « Si d’autres bailleurs que nous veulent utiliser ces supports, nous sommes bien entendu ouverts pour leur faire profiter de notre travail. Il s’agira de faire en sorte qu’ils s’approprient la matière, changent les couleurs, adaptent le résultat à leur charte. Nous voulons être utiles au-delà de notre seul territoire ».

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