À Bunus, la FOPH appelle à une loi de programmation pour le logement
Vendredi 28 août 2026, la Fédération des OPH participait à la 25ᵉ édition des Entretiens d’Inxauseta, à Bunus, consacrée au thème « Le logement à l’épreuve des choix politiques ». Intervenu lors de la table ronde dédiée à l'abordabilité du logement social, son président Michel Ménard a plaidé pour une loi de programmation pluriannuelle et le recours systématique du bail réel solidaire (BRS) lors de la vente de logements sociaux.
Comme chaque année, l’événement a réuni au cœur du Pays basque les principaux acteurs du secteur pour une journée d’échanges et de débats. Michel Ménard, président de la Fédération des OPH, est intervenu aux côtés de Valérie Fournier, présidente de la Fédération des ESH, lors de la deuxième table ronde intitulée « Logement social et abordabilité ».
Michel Ménard a rappelé l'impact des ponctions financières de l'État sur l'investissement local…
« Le logement social est en meilleur état que le logement privé, même s’il existe des besoins, notamment en rénovation pour l’hiver comme pour l’été. C’est un modèle vertueux, regardé très positivement par nos voisins européens. Ce modèle est remis en cause en France, au motif qu’il faudrait financiariser le logement social. C’est un bien de première nécessité, qui ne doit pas être soumis aux lois du marché. Alors qu’une part de plus en plus importante des revenus des ménages est consacrée au logement, cela pèse sur le pouvoir d’achat. Nous avons donc besoin de construire davantage de logements sociaux.
En 2017, il en existait une. En 2018, a été instaurée la RLS, qui n’a de solidarité que le nom, puisqu’il s’agit d’un prélèvement sur les bailleurs sociaux, de l’ordre de 5 à 6 % de leur chiffre d’affaires. Sans la RLS, nous pourrions construire et réhabiliter davantage, car le modèle du logement social repose sur le réinvestissement des marges de manœuvre dont nous disposons. Avec moins d’argent, nous devons faire des choix. »
… et que le logement social constitue n investissement rentable pour les finances publiques
Pour Michel Ménard, les économies à court terme réalisées par l'État sur le secteur sont un calcul contre-productif pour l'économie nationale :
« la politique du logement ne coûte pas à l’État : elle lui rapporte. Quand on coupe 1 € dans la politique du logement, on diminue de 2 € les recettes de l’État. Y compris économiquement, ponctionner les bailleurs sociaux est une erreur fondamentale.»
Plaidoyer pour un besoin de visibilité et de régulation du secteur
Face à l'explosion de la demande et à la pression immobilière, Michel Ménard a plaidé pour les mesures que la FOPH porte habituellement comme la suppression de la RLS, l’abaissement de la TVA à 5,5%. Mais il a surtout plaidé pour une loi de programmation pluriannuelle sur le logement, car le besoin de visibilité est d’autant plus sensible que l’argent public est rare.
Concernant la vente HLM, vue comme ressource financière du secteur, Michel Ménard propose que "celle-ci doit pouvoir se faire uniquement en BRS, afin que ces logements ne soient pas soumis à la plus-value immobilière et restent destinés à la résidence principale."
Les propos politiques de Michel Ménard ont été repris à l’occasion de la table ronde de l’après-midi où se sont exprimés les représentants des partis politiques, hors RN et LFI. Inaki Echaniz, député dans la 4ᵉ circonscription des Pyrénées-Atlantiques, a ainsi rappelé la nécessité d’une loi de programmation pluriannuelle. Le clivage politique entre une gauche et une droite de gouvernement était claire bien que classique : les Républicains défendent l’investissement locatif défiscalisé sous la forme du « statut du bailleur privé », les partis de gauche défendant la rénovation et la production de logements sociaux. Tous les acteurs présents ont plaidé pour que la question du logement devienne centrale dans les programmes politiques car elle correspond à un besoin vital, au même titre que celui de l’alimentation.
De gauche à droite : William Le Goff (Directeur des études prospectives à la FOPH), Denis Janaud (DG OPH de l’Aude), Jean-Pierre Lafont-Cassiat (DG OPH 65), Michel Ménard (Président de la FOPH), Sigrid Monnier (DG Gironde Habitat), Roland Hirigoyen (Président d'Habitat Sud Atlantic - HSA), Lausséni Sangaré (DG d’Habitat Sud Atlantic), Eric Pliez (Président de Paris Habitat), Jean-Christophe Margelidon (DGA de la FOPH), Jean-Luc Berho (organisateur des Entretiens d’Inxauseta), et les équipes d’HSA.