Face à l'instrumentalisation de la crise du logement, la Fédération des Offices Publics de l’Habitat réaffirme ses principes fondamentaux
À la suite des orientations formulées par Marine Le Pen lors de son discours de rentrée du 13 septembre à Hénin-Beaumont, le président de la Fédération des Offices Publics de l’Habitat, Michel Ménard, est intervenu dans le journal Les Échos pour faire entendre la voix de la FOPH.
Entre l'instauration de la préférence nationale, la réservation des APL aux seuls ressortissants français, l'abrogation de la loi SRU et la vente massive du patrimoine social, Michel Ménard qualifie ces mesures de véritable « musée des horreurs ».
La préférence nationale : une discrimination contraire aux principes du logement social
Pour la FOPH, la préférence nationale s'apparente à une discrimination directement incompatible avec les fondements du logement social. Sa vocation reste d’attribuer les logements en fonction des ressources, des besoins et de la situation des ménages, et non selon la nationalité.
Une telle approche ne résoudrait d'ailleurs en rien les difficultés existantes. Les ménages visés par les mesures d'exclusion souhaitées par le RN continueront de résider et d'exercer leur activité professionnelle en France. Comme le souligne Michel Ménard :
« Ce sont souvent des travailleurs de première ligne dont nous avons besoin pour faire tourner les maisons de retraite, les restaurants et tout un ensemble de services ».
Défendre la solidarité territoriale et l’égalité d’accès au logement social
Par ailleurs, la suppression de la loi SRU reviendrait à offrir à certaines municipalités la possibilité de s'affranchir de l'effort collectif de solidarité territoriale. Dans un contexte de pénurie de logements, la remettre en cause ne créerait aucun logement supplémentaire et affaiblirait au contraire l’objectif de mixité sociale et territoriale.
La position de la FOPH demeure ferme et lisible : la réponse à la crise du logement passe d’abord par une relance durable de la production de logements sociaux et par la garantie d’un accès fondé sur des critères objectifs et identiques pour tous, à l'opposé de toute logique de sélection fondée sur la nationalité.