Les temps forts de la dernière journée sur le stand de la FOPH
Lors de cette dernière journée du Congrès Hlm, la Fédération des Offices Publics de l’Habitat a consacré deux séquences à la capacité de résilience du logement social face aux réformes néolibérales et à DAHLIA, son projet de refonte des outils statistiques et de valorisation des données au service des adhérents.
Les conditions de résilience du logement social face aux réformes néolibérales
Depuis les années 1980, les systèmes européens de logement social ont connu d’importantes réformes, avec des effets très différents selon les pays. Si ces évolutions ont pu fragiliser le secteur, les recherches européennes montrent que le logement social ne connaît pas uniquement des trajectoires de déclin.
Lors d’une séquence animée par William Le Goff, directeur des études prospectives à la FOPH, Matthieu Gimat, maître de conférences en aménagement et urbanisme, et Denis Janaud, directeur général d’Habitat Audois, ont croisé leurs analyses sur ces enjeux.
Les recherches comparatives permettent d’identifier plusieurs facteurs de résilience propres au secteur.
La capacité de résistance du modèle repose tout d'abord sur son caractère « étanche », sans distribution de dividendes et avec peu de ventes. Elle s'appuie également sur des financements diversifiés et capables de résister aux crises, couplés à une gouvernance publique partagée entre les différents échelons. Enfin, des logements de qualité et une sécurité d’occupation renforcent l’attachement des locataires au modèle.
« Les organismes HLM français possèdent plusieurs des caractéristiques identifiées par des chercheurs comme facteurs de résilience. Ils ont aussi su adapter leur modèle en réponse à des pressions externes. Mais ils sont devenus plus dépendants des logiques de marché, ce qui pose la question de la capacité du système à continuer sur le long terme à produire et entretenir des logements à bas loyer. »
Matthieu Gimat, maître de conférences en aménagement et urbanisme
Denis Janaud a notamment apporté l’éclairage d’un acteur de terrain sur les adaptations financières mises en œuvre par les organismes de logement social : recours aux titres participatifs, mobilisation des fonds propres et recherche d’un équilibre avec l’endettement dans un contexte de diminution des subventions.
Les échanges ont également porté sur les effets de l’évolution du statut des OPH en matière de gouvernance et d’efficacité, ainsi que sur le défi consistant à poursuivre simultanément la construction de nouveaux logements et la rénovation du patrimoine existant.
« Le logement social public résiste aux réformes néolibérales grâce à des financements pérennes, une gouvernance locale solide et un ancrage territorial qui font sa force. Mais le dernier été caniculaire pose une question de manière encore plus prégnante : construire ou réhabiliter. Attention danger ? »
Denis Janaud, directeur général d’Habitat Audois
Dans ce paysage européen, la France semble présenter plusieurs de ces facteurs de résilience. Pour mieux analyser ces mécanismes et mesurer leur portée, ces caractéristiques font aujourd’hui l’objet d’un projet de recherche soutenu par la Fédération des OPH
DAHLIA : repenser les outils statistiques au service du logement social public
Le stand de la Fédération des OPH au Congrès Hlm a également accueilli une présentation du projet DAHLIA (Données et Analyse pour l’Habitat, le Logement et l’Information Accessible), qui porte une refonte complète des outils statistiques de la Fédération, depuis la collecte et la fiabilisation des données jusqu’à leur analyse, leur visualisation et leur restitution.
Présenté par Jean-Baptiste Jego, responsable informatique de la Fédération, et Denis Khuon, responsable des données statistiques, DAHLIA vise à construire un environnement de données plus fluide, plus rapide et plus fiable, mais aussi davantage adapté aux besoins de pilotage et d’analyse.
Le projet repose sur quatre piliers : la centralisation des données, l’automatisation des contrôles, leur fiabilisation dès la collecte et une datavisualisation intuitive. Cette nouvelle organisation doit notamment permettre de sécuriser davantage la qualité des données et de simplifier leur exploitation.
Concrètement, les adhérents bénéficieront de tableaux de bord dynamiques leur permettant de consulter et de comparer leurs indicateurs selon différents niveaux de détail, mais aussi d’accéder plus rapidement aux livrables produits par la Fédération.
La conception de DAHLIA s’inscrit par ailleurs dans une démarche collaborative : les besoins métiers, les indicateurs les plus utiles et les usages attendus doivent nourrir la construction des futurs tableaux de bord. Une phase pilote avec des adhérents volontaires est prévue en 2026-2027 avant le déploiement de la solution.
L’objectif est ainsi de faire de la donnée non seulement un outil statistique, mais un véritable outil d’analyse et de pilotage.
Sous le crayon d’Urbs, les échanges de cette présentation ont également pris vie en images, proposant un autre regard sur les ambitions et les usages de DAHLIA.