Réforme des aides sociales : la FOPH, la FedEpl et la FESH appellent à sécuriser les ménages et à associer les territoires
À la suite du vœu adopté à l’unanimité du Conseil national de l'habitat (CNH), la Fédération des Offices Publics de l'Habitat, la Fédération des élus des Entreprises publiques locales et la Fédération des Entreprises Sociales pour l’Habitat appellent à reporter la réforme de l'allocation de solidarité unifiée (ASU). Les trois fédérations jugent ce projet insuffisamment concerté et s'inquiètent des risques de déstabilisation pour les ménages les plus fragiles ainsi que pour l'équilibre financier des bailleurs.
Le logement ne doit pas être considéré comme une simple prestation technique, mais comme un levier essentiel de dignité et de stabilité. Michel Ménard, président de la Fédération des Offices Publics de l'Habitat, Philippe Laurent, président de la Fédération des élus des Entreprises publiques locales et Valérie Fournier, présidente de la Fédération des Entreprises Sociales pour l’Habitat, insistent sur la nécessité d'engager une véritable concertation avec les acteurs de terrain pour garantir la lisibilité des aides et préserver la cohérence des politiques publiques du logement.
Les trois organisations restent mobilisées pour construire une réforme qui soit à la hauteur des enjeux sociaux et territoriaux.
« Les aides au logement ne sont pas une prestation comme les autres. Elles conditionnent directement l’accès au logement et la stabilité de millions de ménages. Leur évolution ne peut être pensée comme un simple ajustement technique. Dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions, elle doit être pleinement sécurisée, et construite avec ceux qui, sur le terrain, en mesurent chaque jour les effets concrets. À défaut, le risque est réel de fragiliser des équilibres déjà précaires. »
Michel Ménard, président de la Fédération des Offices Publics de l’Habitat
« Ce projet de loi part d’une bonne intention : rendre les aides plus claires, simplifier les démarches et mieux coordonner l’action des administrations. Mais le système proposé - une aide unique qui regrouperait plusieurs allocations liées au travail et au logement - pose question. Il risque d’être difficile à comprendre et pourrait rendre les revenus des personnes les plus fragiles moins stables. Les élus et les responsables d’Entreprises publiques locales s’inquiètent également : ce nouveau dispositif pourrait être compliqué à mettre en place et fragiliser l’équilibre financier de leurs structures, déjà mises à l’épreuve aujourd’hui. »
Philippe Laurent, président de la Fédération des élus des Entreprises publiques locales
« Les aides au logement ne sont pas un revenu de remplacement et doivent être sorties de l’ASU comme pour le traitement de l’AAH. Il s’agit d’une baisse de loyer et donc du taux d’effort des ménages pour permettre leur accès au logement. L’UE a fait des aides au logement un droit fondamental ce qu’elle a rappelé fin 2025 dans le cadre du plan logement européen. »
Valérie Fournier, présidente de la Fédération des Entreprises Sociales pour l’Habitat